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Festival 2022

15ᶱ festival international du cinéma des peuples Ânûû-rû Âboro du du 14 au 22 octobre 2022.

Éditos

Introduction au festival 2022

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Sélection officielle 2022

Pour cette 15ème édition, l’équipe d’Ânûû-rû Âboro est heureuse de vous proposer une sélection de 37 films, présentés à Pwêêdi Wiimîâ (Poindimié) et dans les communes partenaires des trois Provinces de la Nouvelle-Calédonie.

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Affiche du festival

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Catalogue du festival

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Programme et horaires

Les lieux et les horaires des projections.

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Palmarès 2022

Liste des films primés lors du 15ème festival Ânûû-rû Âboro.

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Prix et jury

Grand prix du festival Ânûû-rû Âboro

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Informations pratiques

Le guide du festivalier Ânûû-rû Âboro.

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Éditos

René Boutin
Directeur artistique

À l’image, et avec la détermination d’une plante annuelle à disséminer ses akènes, le Festival Ânûû-rû Âboro est un organisme anémophile, qui se diffuse dans le désir et l’instinct. Un brin déshydraté qui trouve l’énergie de semer encore à tout vent cette année un peu des espoirs de son humanisme subversif et de son devoir d’existence.
Le festival a toujours caressé l’idée de donner aux films la possibilité de raconter le monde de façon silencieuse... même sur les barricades. Et bien entendu, sans limiter son attention aux chiffres sans cesse martelés, parce que l’expérience démontre tristement qu’ils font sensation dans le moment, puis ne sensibilisent plus. Les nombres, aussi réels soient-ils, possèdent la faculté de devenir abstraits et toujours d’être impliqués dans la disparition des visages et des êtres doués de sentience dont ils sont composés. In fine, l’homme est englouti dans les chiffres qui traitent de lui... et le divisent... Tout comme les pourcentages censés nous définir et auxquels nous sommes suspendus.

Cette fâcheuse tendance de s’en remettre à la fragmentation citoyenne pour se tirer d’embarras l’éloigne de sa nature, et le pays en pleine crise existentielle s’offre à toutes les dérives. Il cherche ses codes, et il faut espérer qu’il ne trouve rien d’inspirant dans les voix du désordre qui éclatent quotidiennement à la surface du monde. Nous ne sommes évidemment pas isolés dans nos chemins perdus, au-delà de notre barrière de corail, le siècle s’active. Il n’attend pas ! Mais il n’est pas au mieux dans ses certitudes et tout aussi démuni à se penser collectivement, il ignore lui aussi sa destination. Si lointain que cela puisse paraitre, il n’en demeure pas moins que l’on doit en tirer une leçon : pour être ensemble, il faut regarder ensemble... C’est autant la raison d’être du festival, que de façon certaine la principale raison de la prolifération des pensées d’exclusion, livrées au public par une actualité désormais aux mains de la multitude.

Il faut avouer que fascinés par la nouveauté et les contre-pouvoirs, nous étions bien loin de penser que le paysage médiatique allait se pixéliser avec cette rapidité, avec autant de bêtise et de médiocrité barbare. Incontestablement, on se retrouve avec les désagréables symptômes des lendemains de fêtes excessives, imprévoyantes. Les réseaux sociaux peuvent maintenant revendiquer sans fausse modestie la responsabilité d’être l’origine d’une bonne partie de la tachycardie des démocraties et de la transpiration des dirigeants. À leur sulfureux potentiel de dénaturer la réalité, il faut leur rajouter une capacité de propagation sans nulle égale si ce n’est celle dont sont dotés les virus.

Face à la pandémie numérique, le documentaire monte la garde. Il voudrait pouvoir affirmer avec force de conviction : « aucun ignorant ne déambulera ce soir ! » Parce que, évidemment, l’ignorance est aujourd’hui à abandonner lorsqu’il s’agit de justifier les dérives ; elle ne peut plus servir de circonstance atténuante. En partant du constat que le réseau de l’information n’est plus en capacité d’ouvrir calmement des espaces de conscience, le postulat de le confier au documentaire quelque peu n’est pas une idée fondamentalement naïve ou idiote.

Le festival, lui, n’est qu’un pixel qui démange humblement, il faut l’avouer, dans l’océan des écrans, mais il se retrouve à quai silencieux et il rassure par sa foi sincère en la vérité et la bienveillance. Il fait encore pour cette quinzième édition une belle place aux réalisateurs engagés, alimentés d’une empathie à toute épreuve... Cette année, ils ne seront pas là, et nos pensées les plus fraternelles convergent spontanément vers cette part manquante, conscients de tout ce qu’ils nous offrent d’humanité.

Les festivals 2020 et 2021 victimes de la pandémie ont dû être annulés, et c’est d’autant plus avec un immense plaisir que nous avons la joie de pouvoir vous remercier de nous accompagner sur cette nouvelle édition.

René Boutin
Directeur artistique